La transformation de SFR en Opérateur Numérique va entraîner plus de 4000 suppressions d’emplois.

jeudi 4 avril 2013
par  Représentant Syndical CE

Avec la complicité coupable de la CFE-CGC et de l’UNSA, le Comité Central d’Entreprise de SFR a rendu un avis mercredi 20 mars 2013 au sujet du projet de transformation de SFR en Opérateur Numérique alors même que l’analyse de ce projet par l’instance n’est pas aboutie.

La CGT dénonce le déni de démocratie qu’a constitué ce CCE. Les élus de la CFE-CGC et de l’UNSA ont été largement muselés par leurs responsables syndicaux. La consigne était claire : la consultation doit avoir lieu, on ne pose pas de question !

Ces méthodes scandaleuses sont un mépris manifeste du mandat confiés par les salariés à ces élus. Des intérêts partisans ont une fois de plus prévalue sur le rôle essentiel de représentation des salariés.

A date, en fonction des réponses apportées par le cabinet d’expert nommé par le CCE et par les différents intervenants en CCE et en fonction de l’analyse des différents documents qui sont en notre possession, la CGT évalue l’impact de ce projet en terme d’emploi à plus de 4000 suppressions.

En effet, ce sont donc environ 1120 emplois internes à SFR auxquels il faut ajouter :
- les 1500 emplois de prestataires/CDD/intérims en cours de suppressions depuis avril 2012
- environ 600 emplois dans les 150 espaces SFR supprimés d’ici à fin 2014
- au moins 400 emplois supprimés ou délocalisés parmi les sous-traitants du service client
- plus de 500 emplois indirects ou induits chez les prestataires de SFR.

Et ces chiffres pourraient être en dessous de la réalité mais la direction à refusé de donner de nombreuses précisions sur les impacts chez les sous-traitants ou prestataires de l’entreprise.

Ce véritable massacre social est trop largement atténué dans la communication de l’entreprise, de certaines organisations syndicales ou dans les médias par la notion de volontariat. Au delà du concept même visant à dire que lorsque l’entreprise supprimes des postes, on puisse parler de volontariat au départ de la part de salariés (un salarié réellement volontaire pour quitter l’entreprise n’attend pas que l’on supprime son poste), le fait est que l’entreprise supprime bel et bien plusieurs milliers d’emplois pour satisfaire notre actionnaire unique Vivendi. Ce sont donc de fait, plusieurs milliers de chômeurs qui ne trouveront pas de travail.

Et, au final, une large partie des salariés qui quitteront l’entreprise finiront par aller grossir les rangs de Pôle Emploi dans 6 à 18 prochains mois.

En effet, pour les salariés "volontaires" au départ, les conditions pour "bénéficier" de "l’accord de mobilité et de volontariat" sont extrêmement souples et ne garantissent en rien de ne pas finir au chômage. Ainsi, un salarié dont le projet serait de rechercher un emploi ou de travailler en intérim rempli les conditions pour quitter l’entreprise avec son chèque...

La situation pourrait même s’aggraver dans les mois à venir. En effet, dans le cadre de la négociation de l’accord de méthode dit de mobilité et de volontariat, la CFE-CGC et l’UNSA ont demandé et obtenu un accord cadre dont l’objet serait de garantir les conditions de départ des salariés en cas de nouvelles suppressions d’emplois au cours des 21 prochains mois, notamment en cas de vente de l’entreprise.

En réalité, avec cet accord, la direction de SFR dispose d’une arme de destruction massive d’emploi. En effet, la seule obligation pour l’entreprise si elle veut dans les 21 prochaines mois supprimés de nouveaux emplois c’est de faire un nouveau plan de départ volontaire d’une durée de 4 mois. Passé ces 4 mois, elle pourra procéder à des licenciements. En clair, les salariés pourront partir via un nouveau PDV ou 4 mois après via licenciement... la notion de volontariat prend tout son sens...

La CGT continue de dénoncer le manque de cohérence et de pertinence de ce projet ONE et va combattre ses effets par tous les moyens à sa disposition.

Une nouvelle étape de ce combat contre les destructions d’emplois passe par la mobilisation la plus large possible des salariés de l’entreprise le 9 avril dans le cadre de la journée de manifestation contre la transposition dans la loi du contenu de l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013.


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